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Le français gratuit au Québec : ce que la francisation verse vraiment, et ce qu'elle ne verse pas

Les cours sont gratuits et les étudiants à temps plein reçoivent 230 $ par semaine. Mais plusieurs groupes sont exclus de cette allocation, et le vrai choix se joue entre le temps plein et le temps partiel.

La rédaction Onja
Mis à jour le 19 août 2026 8 min de lecture
Le français gratuit au Québec : ce que la francisation verse vraiment, et ce qu'elle ne verse pas

Le Québec enseigne le français gratuitement aux nouveaux arrivants, et en paie certains pour y assister. C'est l'un des programmes les plus généreux du genre, et il est aussi plus conditionnel qu'on ne le dit.

Voici ce qui est réellement offert.

Qui peut s'inscrire

Trois conditions, et c'est tout le test pour le volet immigrant :

  • Vous êtes né à l'extérieur du Canada
  • Vous avez 16 ans ou plus
  • Vous habitez au Québec

Les travailleurs temporaires et les étudiants internationaux peuvent s'inscrire — les étudiants doivent être inscrits à un programme reconnu comme occupation principale. Si vous êtes résident temporaire, vérifiez que votre statut le permet avant de vous inscrire : le gouvernement prévient qu'un manquement peut vous coûter votre statut ou votre entrée au pays.

Les personnes nées au Canada ne sont pas exclues des cours de français ; elles ont un volet à temps partiel distinct.

Le coût : rien

Les cours sont gratuits, à tous les niveaux et dans tous les formats. L'inscription se fait en ligne sur la plateforme Apprendre le français. Un petit détail pratique qui piège bien des gens : le formulaire ne fonctionne pas dans Safari.

Soutien téléphonique au 514-864-9191 à Montréal, ou 1-877-864-9191 ailleurs.

L'argent, et qui n'y a pas droit

Les étudiants à temps plein reçoivent une allocation de participation de 230 $ par semaine. S'y ajoutent des allocations de garde et de transport :

  • Participation : 230 $ par semaine — cours à temps plein seulement
  • Garde d'enfants : remboursement jusqu'à 25 $ par jour de formation par enfant à temps plein. Enfant de moins de 13 ans, reçus exigés. Le temps partiel donne droit à un taux quotidien moindre — vérifiez le montant courant sur la page gouvernementale
  • Transport : 25 $ par semaine — temps plein en classe seulement, et seulement si vous recevez l'assurance-emploi, l'aide sociale, MFOR-I, CNESST, RQAP, PAFFARC, PSAU ou une indemnité de remplacement de la SAAQ

Vous ne pouvez pas cumuler l'allocation de participation et celle de transport. Elles s'excluent mutuellement.

Et l'allocation de participation exclut d'emblée plusieurs groupes :

  • Les prestataires de l'assurance-emploi, de l'aide sociale, du RQAP, de la CNESST ou de la SAAQ
  • Les demandeurs d'asile
  • Les citoyens canadiens de naissance ou par filiation — les citoyens naturalisés ne sont pas exclus à ce titre
  • Les membres d'un corps consulaire ou diplomatique, ou d'une organisation internationale
  • Les personnes suivant uniquement des cours en ligne, ou des cours de français en milieu de travail
  • Quiconque a déjà cumulé 1 980 heures de cours

Temps plein ou temps partiel : le vrai choix

Le temps plein, c'est 25 à 30 heures par semaine, du lundi au vendredi, environ de 8 h 30 à 16 h, en sessions d'une dizaine de semaines. Cela verse 230 $ par semaine et c'est essentiellement un emploi.

Le temps partiel, c'est 6, 9, 12, 16 ou 20 heures par semaine, le jour, le soir ou la fin de semaine. Cela ne verse rien au-delà du soutien à la garde d'enfants.

Il existe aussi des cours entièrement en ligne, à votre rythme, aux niveaux intermédiaire et avancé, et des cours spécialisés liés à un domaine d'emploi — onze semaines, généralement 6 ou 9 heures par semaine, à distance.

Le calcul est donc brutal. Temps plein : pas d'autre travail et 230 $ par semaine. Temps partiel : vous gardez un emploi mais vous apprenez plus lentement et vous n'êtes pas payé pour cela. La plupart des gens sous-estiment la durée du parcours à temps partiel.

Commencez les démarches avant d'être prêt

Le ministère s'engage à faire commencer 80 % des élèves à temps plein dans les 50 jours ouvrables suivant une première demande, et à temps partiel dans les 70. C'est une cible de service, pas une garantie — mais même respectée, cela fait dix à quatorze semaines d'attente avant le premier cours.

Faites la demande dès le premier mois, même si vous ne pouvez pas commencer avant six. C'est la file d'attente qui est lente, pas l'enseignement.

Pourquoi le niveau compte au-delà de la classe

Le français n'est pas seulement utile ici ; pour la sélection permanente, il est exigé. Dans le cadre du PSTQ — désormais le seul programme québécois de sélection permanente des travailleurs qualifiés — le requérant principal du volet hautement qualifié doit atteindre le niveau 7 à l'oral et 5 à l'écrit. Le volet intermédiaire et manuel exige le niveau 5 à l'oral. Le conjoint, le niveau 4 à l'oral. Aucune exigence en anglais.

Les preuves acceptées sont un résultat au TCF, au TEF ou au DELF/DALF datant de moins de deux ans au moment de la demande, ou certains diplômes francophones.

Si vous visez la résidence permanente par le Québec, la salle de classe n'est pas facultative et le compte à rebours commence le jour de votre arrivée.

Si vous avez déjà une expérience québécoise, lisez ceci maintenant

Le Programme de l'expérience québécoise a fermé en novembre 2025 et vient d'être rouvert temporairement. La période de réception en cours va du 2 juillet au 31 octobre 2026, et vous devez déjà avoir rempli les critères en date du 19 novembre 2025. La page gouvernementale anglaise n'a pas été mise à jour et indique toujours que le programme est fermé — lisez la version française.

Cette fenêtre se referme dans une dizaine de semaines. Si vous êtes diplômé d'un établissement québécois depuis moins de trois ans, ou si vous avez deux ans d'expérience de travail qualifié au Québec, vérifiez votre admissibilité cette semaine plutôt que le mois prochain.

D'où viennent ces informations

Chaque chiffre ci-dessus provient d'une source officielle. Les règles changent — si vous êtes sur le point d'agir, ouvrez le lien et vérifiez la page vous-même.

Ceci est de l'information générale, non un avis juridique ou en immigration. Pour une décision qui touche votre statut, votre logement ou votre argent, consultez un professionnel qualifié.

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